En conjugaison française, les verbes du troisième groupe se répartissent selon trois terminaisons d’infinitif : verbes en -ir, en -oir et en -re. Cette classification recouvre des centaines de verbes aux comportements variés, souvent regroupés sous l’étiquette « irréguliers ». Une carte mentale permet de visualiser leurs points communs et leurs écarts, là où une liste linéaire noie l’information.
Terminaisons du présent : le socle commun aux verbes en -ir, -oir, -re
Avant de construire une carte mentale, il faut identifier ce qui relie ces trois familles. Au présent de l’indicatif, les terminaisons des personnes suivent un patron partagé : -s, -s, -t, -ons, -ez, -ent. Ce patron s’applique à la grande majorité des verbes du troisième groupe.
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La difficulté ne vient pas des terminaisons elles-mêmes, mais du radical qui change selon la personne. Prenons trois verbes courants : « partir » (par-/part-), « recevoir » (reçoi-/recev-/reçoiv-), « prendre » (prend-/pren-/prenn-). Le radical au singulier diffère souvent de celui du pluriel.
Sur une carte mentale, le noyau central porte les terminaisons communes. Chaque branche représente une famille (-ir, -oir, -re) et signale la variation de radical propre à cette famille. Le gain visuel est immédiat : au lieu de mémoriser chaque verbe isolément, l’élève repère que la mécanique « radical court au singulier / radical long au pluriel » se répète partout.
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Verbes en -ir du troisième groupe : distinguer deux comportements
Les verbes en -ir ne forment pas un bloc unique. Ceux du deuxième groupe (finir, choisir, réussir) intercalent le segment -iss- au pluriel : « nous finissons ». Ceux du troisième groupe n’utilisent jamais -iss- : « nous partons », « nous dormons ».
C’est le test le plus fiable pour classer un verbe en -ir : conjuguez-le à la première personne du pluriel au présent. Si -issons apparait, c’est le deuxième groupe. Sinon, troisième groupe.
Sous-familles à noter sur la carte
- Verbes type « partir » (sortir, mentir, sentir, servir) : le radical perd sa consonne finale au singulier (« je pars », « tu mens »), puis la retrouve au pluriel (« nous partons », « nous mentons »).
- Verbes type « ouvrir » (couvrir, offrir, souffrir) : ils se conjuguent au présent comme des verbes du premier groupe (-e, -es, -e), ce qui surprend souvent.
- Verbes type « venir/tenir » : double radical avec alternance vocalique (vien-/ven-, tien-/ten-) et terminaison -ent au pluriel remplacée par -iennent.
Sur la branche « -ir 3e groupe » de la carte mentale, ces trois sous-familles méritent chacune un rameau distinct. Regrouper « partir » et « ouvrir » sous la même étiquette crée de la confusion, puisque leurs terminaisons au singulier divergent.
Carte mentale des verbes en -oir : peu nombreux, très irréguliers
Les verbes en -oir sont moins nombreux que ceux en -ir ou en -re, mais leur irrégularité est marquée. Parmi les plus courants : vouloir, pouvoir, devoir, savoir, voir, recevoir, valoir, s’asseoir.
Pouvoir, vouloir et valoir partagent la terminaison -x, -x, -t au singulier du présent (je peux, tu veux, il vaut). Cette particularité mérite un rameau dédié sur la carte, car elle rompt avec le patron -s, -s, -t habituel.
Organiser la branche -oir
Recevoir et apercevoir suivent le même modèle : radical en reçoi-/aperçoi- au singulier et aux troisièmes personnes, recev-/apercev- aux première et deuxième personnes du pluriel. La cédille sous le « c » signale le maintien du son [s] devant « o ».
Devoir et savoir présentent chacun un radical propre, mais partagent la terminaison régulière -s, -s, -t. Les placer sur un même rameau « réguliers en terminaison, irréguliers en radical » aide à réduire la charge de mémorisation.
Les verbes impersonnels pleuvoir et falloir n’existent qu’à la troisième personne du singulier. Sur la carte, un simple encadré suffit : « il pleut », « il faut », sans déclinaison complète.

Verbes en -re au présent : repérer le radical par soustraction
Pour conjuguer un verbe en -re, la méthode la plus directe consiste à retirer la terminaison -re de l’infinitif pour obtenir le radical de base. « Prendre » donne « prend-« , « rendre » donne « rend-« , « attendre » donne « attend-« .
Au singulier du présent, la troisième personne ne prend souvent pas de -t visible quand le radical se termine déjà par -d : « il prend », « il rend ». Le -d final du radical absorbe le -t de la terminaison. C’est un piège récurrent en dictée et au brevet.
Cas particuliers à isoler sur la carte
- « Mettre » et ses composés (permettre, admettre) : le radical perd un -t au singulier (« je mets » avec un seul t, « nous mettons » avec deux).
- « Connaitre » et « paraitre » : le radical alterne entre connai-/connaiss- selon la personne, avec un accent circonflexe à la troisième personne (« il connait ») en orthographe traditionnelle, supprimé par les rectifications de 1990.
- « Dire » et « faire » : terminaison -tes à la deuxième personne du pluriel (« vous dites », « vous faites »), unique en français.
Depuis la session du bac 2026, le ministère de l’Éducation nationale demande aux correcteurs de sanctionner plus sévèrement les erreurs d’orthographe et de conjugaison dans toutes les disciplines. Les verbes du troisième groupe, avec leurs radicaux variables, concentrent une part significative des fautes relevées.
Construire la carte mentale : principes de mise en page
Une carte mentale efficace pour la conjugaison repose sur trois niveaux hiérarchiques. Au centre, le temps verbal (par exemple « présent de l’indicatif »). Au premier niveau, les trois branches -ir, -oir, -re. Au deuxième niveau, les sous-familles avec un verbe modèle conjugué.
Chaque branche porte un verbe modèle conjugué intégralement, pas seulement les terminaisons. L’élève voit la forme complète (« je reçois, tu reçois, il reçoit, nous recevons, vous recevez, ils reçoivent ») et repère visuellement où le radical change.
Un code couleur par famille (-ir en vert, -oir en bleu, -re en rouge, par exemple) renforce la mémorisation. Les exceptions comme « ouvrir » ou « dire » peuvent figurer dans un encadré d’une couleur contrastée pour signaler le comportement atypique.
Les deux orthographes (traditionnelle et rectifiée de 1990) sont acceptées aux examens. Sur la carte, signaler les formes concernées par un astérisque (« il connait* » / « il connaît ») évite toute hésitation le jour de l’épreuve.
Le format carte mentale fonctionne parce qu’il exploite la mémoire spatiale : la position d’une information sur la feuille devient un indice de rappel. Reproduire la carte à la main, même sommairement, avant un contrôle, ancre les formes verbales bien plus solidement qu’une relecture passive de tableaux de conjugaison.

