Des enseignants débutants touchent parfois des primes dès leur première année, là où d’autres, pourtant chevronnés, restent à l’écart de certains compléments faute de remplir toutes les cases. La revalorisation annoncée pour 2025 laisse sur le carreau plusieurs catégories et n’intègre pas chaque contrat sans distinction.
Les montants varient selon l’académie, le poste occupé ou le statut de chacun ; côté démarches, c’est tout sauf uniforme. Les syndicats, eux, dénoncent des écarts persistants et rappellent qu’il faut rester vigilant sur ses propres droits, sous peine de passer à côté de ce qui vous revient.
Panorama des primes et indemnités pour les enseignants en 2025
En 2025, les enseignants auront accès à un éventail de primes et indemnités bien plus large qu’une simple hausse de salaire. Plusieurs dispositifs, parfois peu connus, s’ajoutent à la grille : la prime d’entrée dans le métier (1 500 euros bruts) réservée à la première titularisation, et la prime spéciale d’installation prioritairement versée pour une prise de poste en Île-de-France ou à Lille.
Le complément d’attractivité, issu du Grenelle de l’éducation, cible ceux qui n’ont pas encore atteint le 10e échelon. Les enseignants devant élèves, qu’ils soient dans le public ou le privé sous contrat, reçoivent également la prime d’équipement informatique (176 euros par an). D’autres indemnités complètent ce tableau selon les missions : travail en réseau d’éducation prioritaire (REP/REP+), remplacement longue durée, fonction de professeur principal ou poste dans l’enseignement professionnel.
Voici les principales indemnités spécifiques attribuées selon le corps ou la fonction :
- Indemnité de suivi et d’orientation des élèves (ISOE) pour les enseignants du second degré
- Indemnité de suivi et d’accompagnement des élèves (ISAE) pour le premier degré
- Indemnités spécifiques attribuées aux professeurs documentalistes, CPE, psychologues, formateurs académiques ou tuteurs
Pour ceux qui exercent en REP+, la prime d’éducation prioritaire dépasse les 5 000 euros bruts par an. La prime de mission particulière, elle, s’ajuste à la nature et à la durée des missions confiées. Quant au supplément familial de traitement (SFT), il dépend du nombre d’enfants à charge. Chacune de ces indemnités suit des règles d’attribution strictes, liées à l’affectation, l’ancienneté ou encore les missions exercées.
Qui peut en bénéficier ? Zoom sur les conditions d’éligibilité
Les enseignants titulaires comme les contractuels ne touchent pas tous les mêmes compléments. Chaque prime répond à des critères précis, mêlant statut, ancienneté, lieu d’affectation et missions. La prime d’entrée dans le métier vise les néo-titulaires lors de leur première nomination dans le corps enseignant. La prime spéciale d’installation s’adresse à ceux qui rejoignent pour la première fois l’académie d’Île-de-France ou de Lille, à condition de n’y avoir jamais exercé avant.
La prime d’attractivité concerne tous les enseignants jusqu’au neuvième échelon, après quoi d’autres compléments existent, mais sous d’autres formes. La prime d’équipement informatique s’adresse à tous ceux qui enseignent devant élèves, sans distinction de grade, dans le public comme dans le privé sous contrat. Les indemnités REP et REP+ sont réservées aux enseignants affectés dans ces réseaux, selon leur établissement.
Pour détailler les principaux critères d’attribution selon les fonctions :
- Indemnité ISOE : attribuée aux enseignants du second degré assurant le suivi et l’orientation des élèves.
- Indemnité ISAE : versée aux professeurs des écoles qui prennent en charge des missions similaires dans le premier degré.
- Indemnités spécifiques : accordées aux CPE, psychologues de l’éducation nationale, documentalistes, ou personnels chargés de missions particulières telles que le tutorat ou la formation.
Les primes familiales comme le supplément familial de traitement (SFT) sont calculées selon le nombre d’enfants à charge. Certaines indemnités accompagnent un changement d’académie ou d’outre-mer, d’autres récompensent l’exercice de missions particulières telles que la fonction de professeur principal ou l’encadrement d’apprentis.
Combien ça rapporte concrètement : montants et variations selon les situations
La prime d’entrée dans le métier s’élève à 1 500 euros bruts, versés en une seule fois lors de la première titularisation. Les enseignants qui prennent leur premier poste dans les académies de Créteil, Versailles, Paris ou Lille reçoivent une prime spéciale d’installation de 2 000 euros bruts, à condition de n’avoir jamais travaillé dans ces zones auparavant.
Le montant de la prime d’attractivité varie entre 1 096 et 3 616 euros bruts par an selon l’échelon. Elle concerne exclusivement ceux qui n’ont pas dépassé le neuvième échelon. La prime d’équipement informatique reste fixe : 176 euros bruts annuels pour les enseignants en charge de classes, qu’ils soient en primaire ou dans le secondaire.
L’indemnité de suivi et d’orientation des élèves (ISOE) atteint 1 279 euros bruts par an pour un enseignant du second degré, avec une part supplémentaire allant de 1 230 à 1 617 euros pour les professeurs principaux. Côté premier degré, la prime ISAE s’établit à 1 257 euros annuels. Pour les réseaux d’éducation prioritaire, la différence est nette : 1 734 euros bruts par an en REP, 5 114 euros en REP+.
Le supplément familial de traitement (SFT) dépend du nombre d’enfants à charge : il débute à 2,29 euros pour un enfant, grimpe à 73,04 euros pour deux et peut atteindre 181,30 euros par mois pour trois enfants ou plus. Certaines indemnités, comme la prime de mission particulière ou l’indemnité de sujétion pour remplacement, fluctuent selon les fonctions occupées et l’intensité de l’engagement.
Des questions ou un doute ? Pourquoi contacter un syndicat peut tout changer
La diversité des primes et indemnités de l’éducation nationale, la complexité des règles et la succession de réformes brouillent parfois les repères. Même les enseignants expérimentés peuvent douter de leur éligibilité à la prime d’entrée dans le métier, à la prime spéciale d’installation ou à l’indemnité REP+. Les textes évoluent, les exceptions abondent et des oublis persistent dans certaines académies.
Prendre contact avec un syndicat permet d’obtenir des réponses précises : ces spécialistes décryptent les circulaires, repèrent les erreurs, et s’assurent que chaque droit soit respecté. Leur engagement ne s’arrête pas au conseil, ils accompagnent aussi les démarches auprès du rectorat ou de l’académie. Si un versement a été oublié ou si une indemnité n’est pas versée à tort, ils peuvent intervenir directement et vous soutenir dans toute réclamation.
Voici, de façon concrète, comment un syndicat peut intervenir :
- Informer : explications détaillées sur chaque dispositif, estimation personnalisée du montant attendu.
- Accompagner : aide à la rédaction des courriers et suivi administratif du dossier auprès des services concernés.
- Défendre : mobilisation en cas de litige ou de refus d’attribution.
En rejoignant une structure collective, chaque enseignant gagne en clarté et en force face à une administration parfois opaque. La moindre interrogation mérite une réponse nette : ne laissez pas le doute s’installer là où la transparence devrait régner.


